Seuil de rentabilité et point mort : les définitions pour ne pas confondre les deux indicateurs

Vous rencontrez fréquemment ces deux notions financières. Elles font partie des indicateurs financiers majeurs pour tout entrepreneur. Elles se confondent. Pourtant, chacune dispose de sa propre définition et poursuit un objectif différent, autour de la performance économique bien sûr.

Définition du seuil de rentabilité d’une société ou d’une activité

Le seuil de rentabilité indique le montant de chiffre d’affaires HT qu’une entreprise doit atteindre pour éviter le déficit et donc commencer à être rentable.

Pour calculer ce seuil de rentabilité, plusieurs notions interviennent : les charges fixes et les charges variables, la marge sur coût variable et le taux de marge sur coût variable. Nous les détaillons dans la partie de l’article qui suit.

Ne pas connaître son seuil de rentabilité revient à rouler la nuit sans phares. C’est impossible d’anticiper correctement pour rectifier et améliorer la rentabilité, notamment, si vous ignorez le niveau d’activité minimal à atteindre.

Définition du point mort d’une entreprise

Ce KPI (Key performance indicator), soit indicateur clé, se distingue du seuil de rentabilité. C’est un ratio en nombre de jours ou de mois qui donne des indications sur le moment à partir duquel une entreprise couvre ses charges et devient rentable. En ce sens, il parle aussi de performance économique et de rentabilité.

On l’assimile à une position neutre. C’est un niveau d’équilibre à atteindre et à surpasser ! Toute l’activité réalisée après la date du point mort correspond à du bénéfice, donc du bonus.

Quelques notions économiques utiles pour le calcul du seuil de rentabilité (SR) et celui du point mort

Les charges fixes, les charges variables et la marge sur coût variable sont indispensables au calcul des deux indicateurs.

Les charges fixes (CF)

Les charges fixes (ou charges structurelles) sont récurrentes. Elles peuvent se déterminer à l’avance, sauf quand l’entreprise franchit un palier qui l’oblige à investir ou à embaucher. Ces frais représentent un volant ou montant fixe, sans variation. Il est indépendant du niveau d’activité de l’entreprise et du volume de chiffre d’affaires réalisé.

Quelles sont les dépenses d’exploitation qui entrent dans les charges fixes d’une entreprise ? Citons le loyer, les salaires (hors main-d’œuvre de production), les primes d’assurances, les dotations aux amortissements, les impôts, etc.

Les charges variables (CV)

Les charges variables (ou charges opérationnelles) varient en fonction du niveau d’activité de l’entreprise, donc de son chiffre d’affaires. Elles sont d’ailleurs proportionnelles à ce CA. Ainsi, plus les ventes augmentent, plus les charges variables progressent.

Quelles sont les dépenses qui font partie des charges fixes ? Voici les principales :

Parfois, certaines charges sont à la fois fixes et variables, telles que la rémunération des salariés. On parle alors de charges mixtes. Dans ce cas, c’est la comptabilité analytique qui permet de répartir ces frais entre la part variable et la part fixe, plutôt que le compte de résultat issu de la comptabilité générale.

Le chiffre d’affaires et la marge sur coût variable (MSCV)

La MSCV représente la différence (soit la soustraction) entre le chiffre d’affaires et le total des charges variables. Donc, pour l’entreprise, la marge sur les coûts variables correspond à ce qui reste pour payer les charges fixes et pour dégager des bénéfices.

Vous l’aurez compris, la MSCV est une notion centrale dans le calcul des profits réalisés par une entreprise ! En effet, vous pouvez agir sur ce montant, en augmentant le chiffre d’affaires ou en améliorant le taux de marge. En comparaison, par définition, vous ne disposez pas de marge de manœuvre avec des charges fixes.

Le taux de marge sur coût variable (TMSCV)

Ce taux correspond tout simplement au ratio de la marge sur coût variable divisé par le chiffre d’affaires. Il s’exprime en pourcentage du CA, avec la formule de calcul suivante :

TMSCV= (MSCV/ CA) x 100.

Calcul du seuil de rentabilité et exemple

Maintenant que vous avez compris les tenants et les aboutissants du seuil de rentabilité (SR) et du point mort, voyons comment les calculer ! Commençons par le SR.

Formule du seuil de rentabilité (SR) à appliquer pour votre entreprise

Pour commencer, classez vos charges comptables en deux catégories : les coûts fixes et les coûts variables. Puis, procédez au calcul de la marge sur coût variable (MSCV) ainsi que celui du taux de marge sur coût variable.

Vous êtes alors prêt à appliquer la formule de calcul du SR, afin de connaître le montant du chiffre d’affaires théorique à atteindre pour être à l’équilibre.

Exemple de seuil de rentabilité

L’entreprise X réalise des animations commerciales. Elle génère actuellement un chiffre d’affaires annuel de 150 000 €. Ses charges se répartissent ainsi :

Aussi, avec les formules de calcul expliquées précédemment, vous obtenez :

Donc, pour la gestion de cette entreprise, les dirigeants ont en tête qu’ils commencent à dégager un résultat positif, un bénéfice, dès qu’ils atteignent 100 000 € de chiffre d’affaires.

Ceci reste vrai, tant que le taux de MSCV et le montant de charges fixes demeurent inchangés. Si cette même entreprise envisage d’augmenter ses charges fixes avec de l’investissement, par exemple, le calcul du seuil de rentabilité est à refaire. C’est également le cas si les taux de marge bougent, parce que les prix des matières ou les prix de vente évoluent.

Vous percevez donc que cette notion de seuil de rentabilité prend tout son sens aussi dans le cadre de l’établissement d’un business plan ou d’un résultat prévisionnel (budget). Elle donne de la visibilité au dirigeant pour la gestion d’un projet d’investissement ou de croissance, ainsi qu’en cas de création d’une structure. Le SR facilite l’analyse et le pilotage commercial, notamment au niveau des marges sur les produits ainsi que des prix de vente.

Calcul du point mort et exemple

Passons maintenant au second indicateur autour de la rentabilité : le point mort.

Passons maintenant au second indicateur autour de la rentabilité : le point mort.

Formule de calcul du point mort

Contrairement au seuil de rentabilité, le point mort ne s’exprime pas en montant (euros), mais en durée (nombre de jours ou de mois). Il demande de déterminer d’abord le seuil de rentabilité, comme expliqué précédemment. Voici la formule à appliquer :

Contrairement au seuil de rentabilité, le point mort ne s’exprime pas en montant (euros), mais en durée (nombre de jours ou de mois). Il demande de déterminer d’abord le seuil de rentabilité, comme expliqué précédemment. Voici la formule à appliquer :

Exemple pratique d’utilisation du point mort

Reprenons le cas précédent de l’entreprise dans le secteur des animations commerciales. Nous disposons déjà de son chiffre d’affaires annuel (150 000 €) et de son seuil de rentabilité (100 000 euros de ventes).

Par conséquent, le point mort s’établit ainsi : (100 000/150 000 €) x 360 jours = 240 jours.
Vous pouvez aussi calculer ce ratio en nombre de mois, soit (100 000/150 000 €) x 12 mois = 8 mois.

Ceci signifie que les salariés de l’entreprise X travaillent pendant 240 jours ou 8 mois avant de réaliser le moindre bénéfice.

Notez que pour vos états de gestion ou reportings financiers, les charges fixes se lissent en général sur les 12 mois de l’année. Par exemple, un abonnement, des honoraires ou un loyer payés annuellement, s’étalent sur chaque mois par douzième. Ainsi, dans vos tableaux de bord financiers, vous disposez de situations comptables mensuelles qui permettent de dégager du bénéfice toute l’année, et pas seulement au bout de 240 jours. Gardez toutefois en tête que si le business s’effondre le neuvième mois et que le chiffre d’affaires chute, les charges fixes restent à payer toute l’année.

Suivi de la performance des entreprises : les conseils de Drivn

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Comment s’organiser pour suivre les indicateurs financiers de performance, comme le point mort et le SR ?

Quels outils choisir pour disposer aisément d’un tableau de bord financier et de gestion en entreprise ?

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